Table ronde numérique spéciale : « présentation des résultats de l’enquête auprès des communes sur la numérisation 2026, focus sur la collaboration », le mercredi 24 juin 2026, de 8h à 9h30

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Comment réussir la coopération à une époque où la transformation numérique impose de nouvelles exigences tout en ouvrant de nouvelles perspectives ? C’est précisément à cette question que se consacrera la table ronde numérique spéciale le mercredi 24 juin 2026, de 8h à 9h30.

Au cœur de cette rencontre se trouve l’enquête auprès des communes 2026, à laquelle ont participé 639 communes et villes. Les résultats dressent un tableau nuancé de la manière dont la coopération est vécue aujourd’hui et des domaines où elle n’a pas encore pleinement déployé son potentiel.

Une attention particulière est accordée à la collaboration entre communes ainsi qu’avec les partenaires cantonaux et autres. C’est précisément dans le contexte de la transformation numérique qu’il apparaît clairement que les projets couronnés de succès naissent rarement de manière isolée. Ils sont plutôt le fruit de processus coordonnés, d’objectifs communs et d’un échange ouvert.

L’e-ID arrive, mais de nombreuses questions restent en suspens. C’est pourquoi, dans le cadre de l’enquête auprès des communes 2026, nous avons également examiné le niveau d’information, les attentes et les appréciations des communes concernant l’e-ID.

Les résultats seront présentés par Joachim Tillessen, de la Haute école d’économie FHNW à Olten. C’est lui qui a mené et évalué scientifiquement l’enquête auprès des communes.

Ensemble, nous analyserons les enseignements tirés de l’enquête, les replacerons dans le contexte des communes, des cantons et de la Confédération, et discuterons des principales conclusions.

Cette table ronde numérique spéciale vous offre un aperçu concis des principaux enseignements. Mais il ne s’agit pas seulement de chiffres et d’analyses. Cet événement se veut un espace d’échange vivant. Vos expériences, vos points de vue et vos questions sont les bienvenus.

Profitez de cette occasion pour échanger avec des collègues spécialisés, trouver des idées pour votre propre pratique et contribuer activement à façonner la collaboration future. Ensemble, nous acquerrons une compréhension approfondie de notre situation actuelle et des axes de développement qui en découlent.
 

Meeting notes

Erfa-Rückblick

Table Ronde numérique spéciale, 24 juin 2026, sur le thème « présentation des résultats de l’enquête auprès des communes sur la numérisation 2026, focus sur la collaboration »

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Les résultats de l'enquête

Le sondage 2026 dresse un tableau globalement encourageant. Une large majorité de communes — environ 70 % une fois les résultats ramenés sur une échelle de 100 — perçoivent la numérisation comme une opportunité, un niveau stable depuis trois ans. La collaboration progresse nettement : 62 % des communes déclarent travailler avec d'autres communes, villes ou organisations, contre environ 40 % l'année précédente. Cette hausse s'explique en partie par l'élargissement de la catégorie « collaboration » à des partenaires autres que les seules communes.

Le bémol porte sur la qualité ressentie de cette collaboration. Invitées à la noter, les communes lui attribuent une moyenne de 3,8 sur 6, soit en dessous de la suffisance, avec une Suisse romande plus critique (3,5) que la Suisse alémanique et italienne (3,9).

L'enquête a également hiérarchisé les motivations et les freins. On collabore d'abord pour un meilleur service et pour l'efficacité ; on hésite à le faire par crainte des coûts supplémentaires (au niveau opérationnel) et surtout par attachement à l'autonomie communale (au niveau stratégique). Fait notable, lorsqu'une collaboration intercommunale n'aboutit pas, les communes se tournent en priorité vers une solution interne, puis vers des prestataires privés ; le canton et la Confédération ne jouent presque aucun rôle d'alternative. Enfin, sur le projet d'identité électronique (e-ID / IID), près de 69 % des communes se disent mal informées.

La conclusion principale du sondage, présentée par le professeur Joachim Tillessen, est que les défis ne sont pas d'ordre technologique mais organisationnel : manque de coordination, confusion des compétences, et mise en commun insuffisante des connaissances et des ressources.

Les réactions du panel

Le panel a confronté cette lecture aux réalités cantonales, qui se révèlent très contrastées. Loin de s'opposer, les positions exprimées par les oratrices et orateurs se sont surtout complétées autour de quelques convictions communes.

Gerhard Andrey, conseiller national, a ouvert la discussion en plaidant pour un rôle plus actif de la Confédération : mise à disposition d'une infrastructure cloud et d'applications standard, et surtout adoption d'un véritable esprit open source, qu'il a résumé par la notion de « coopétition » — concilier compétition et collaboration, à l'image des communautés Linux ou Apache.

Manon Röthlisberger, vice-directrice de l'Association des communes suisses, a positionné son organisation en facilitateur, autour du mot d'ordre « ensemble pour plus d'impact » : permettre à chaque commune d'offrir les services en ligne de son choix tout en gardant son autonomie, notamment via le projet Gmeind & Connect.

Martine Margairaz, cheffe du service informatique du canton de Neuchâtel, a présenté un modèle de service cantonal mutualisé, qu'elle a tenu à décrire comme partenarial et non imposé : infrastructure robuste, cybersécurité continue et redondance, pour des prestations qu'une commune isolée ne pourrait pas s'offrir seule. Sa conviction : autonomie et collaboration se complètent dès lors que la gouvernance et l'architecture sont bien pensées.

Éloy Fellay, directeur de l'Union des communes vaudoises, a défendu l'approche vaudoise fondée sur le volontariat, sans loi contraignante, avec le projet « Ma Commune en un clic » qui progresse par effet d'entraînement entre communes voisines tout en respectant pleinement l'autonomie communale.

Claire Bilat, cheffe de projet au canton du Jura, a exposé le modèle jurassien, qui cadre la cyberadministration par une base légale et finance la coordination. Elle a notamment reformulé la conclusion du sondage : il ne s'agit pas tant d'un manque de coordination que d'un manque de ressources pour assurer cette coordination.

Christophe Germanier, président de la Fédération des communes valaisannes, est intervenu pour rappeler que le Valais avance lui aussi, avec une loi sur les services numériques en vigueur depuis 2025 et des travaux en cours sur le guichet virtuel et la cybersécurité.

Ces interventions ont fait émerger des leviers partagés : la mutualisation pour éviter de « réinventer la roue », l'appui sur les briques fédérales et les guichets cantonaux existants, et la cybersécurité comme terrain de coopération naturel, sous le principe qu'on ne peut pas numériser sans sécuriser.

Les questions et réponses

Les échanges avec les intervenants et le public ont creusé plusieurs points.

Interrogée sur les divergences entre régions linguistiques, Manon Röthlisberger a expliqué que les différences sont avant tout cantonales plutôt que strictement romandes ou alémaniques : elles tiennent à l'existence ou non d'un opérateur cantonal fort, à l'ancienneté de la démarche et à son inscription dans le programme de législature du canton.

Sur l'absence de base légale dans le canton de Vaud, Éloy Fellay a assumé un choix qu'il considère comme un atout. Renvoyant la question à la députation vaudoise avec une pointe d'humour, il a expliqué ne pas regretter cette absence : son rôle est de défendre l'autonomie communale, et une base légale risquerait de contraindre les communes dans un domaine qui évolue trop vite pour le rythme du législateur.

Sur la cybersécurité, plusieurs réponses concrètes se sont complétées. Éloy Fellay a décrit la convention vaudoise qui mutualise une veille active et finance, via une contribution des communes, l'intégration de spécialistes au centre de sécurité cantonal. Claire Bilat a détaillé l'approche jurassienne, pilotée par une commission stratégique commune au canton et aux communes : modules de sensibilisation, kit de réponse à incident adapté du modèle de la Confédération, et audit de maturité proposé aux communes. Martine Margairaz a rappelé qu'en tant que service cantonal, Neuchâtel assure un monitoring continu et accompagne les communes dans la gestion de crise et la prévention.

Sur la place des petites communes et des intercommunalités, Éloy Fellay a souligné que ces dernières restent souvent « le parent pauvre » de l'informatique, et a plaidé pour les intégrer rapidement afin d'éviter une numérisation à deux vitesses — un objectif que Claire Bilat a relié à la conception itérative des solutions, pensée pour s'adapter aussi bien aux grandes qu'aux très petites communes.

Sur la question de fond — chaque canton doit-il vraiment tracer son propre chemin ? — les réponses ont convergé vers un équilibre. Claire Bilat a estimé qu'une part du travail doit rester autonome, les réalités locales étant trop différentes, mais que l'essentiel des gains vient de la réutilisation de l'existant : le Jura a ainsi repris ses prestations d'attestation directement du canton de Fribourg plutôt que de les redévelopper. Martine Margairaz a mis l'accent sur la gouvernance et l'interopérabilité à plusieurs niveaux comme clé de voûte. Éloy Fellay, enfin, a appelé à clarifier les rôles entre les acteurs et à privilégier des structures agiles plutôt qu'à multiplier les couches institutionnelles. Christophe Germanier a confirmé cette dynamique d'inspiration mutuelle, en évoquant les nombreux échanges entre cantons romands pour ne pas refaire ce qui existe déjà ailleurs.

La séance s'est close sur un constat positif : les opportunités existent, des actions concrètes sont déjà engagées, et les communes peuvent dès aujourd'hui poursuivre ou entamer leur transformation numérique. Une prochaine table ronde est annoncée pour le 30 septembre, sur la numérisation de la communication des décisions officielles.
 

Pour plus d'informations sur l'enquête auprès des communaes 2026, cliquez ici :
https://ma-commune.ch/fr/umfrage

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